Contexte : La viticulture est fortement impactée par le changement climatique, notamment par la raréfaction de la ressource en eau. En France, moins de 10 % des vignes sont irriguées (Pages et Parisse, 2024) et les ressources disponibles ne permettront pas une extension suffisante, même avec la réutilisation des eaux usées (comm. pers. H. Ojeda, INRAE). De nouvelles solutions sont donc nécessaires pour limiter la consommation d’eau en augmentant l’efficacité de son utilisation. Des travaux récents montrent que l’éthanol, à faible concentration (0,1–1 mM), peut améliorer l’adaptation des plantes au stress (Diot et al., 2024), notamment via la fermeture stomatique (Bashir et al., 2022). Une étude préliminaire menée sur boutures de vigne, impliquant le LEPSE (Ait-Kaci et al., 2025), a montré que l’application foliaire d’éthanol pouvait réduire la transpiration et ainsi limiter les pertes en eau.
Objectif : Développer et évaluer une solution innovante et accessible : la pulvérisation foliaire d’éthanol sur la vigne. Ce projet s’inscrire dans Brave New Innovation – Volet 1 IMPACT 2025, avec le LEPSE et plusieurs partenaires académiques (LRSV, CESBIO, AGIR à Toulouse ; EGFV à Bordeaux) et l’IFV. L’objectif est de tester et adapter cette pratique en conditions représentatives du vignoble afin de renforcer la tolérance à la sécheresse. Trois actions seront menées : 1) tester et adapter la pulvérisation d’éthanol, 2) vérifier son innocuité sur le développement végétatif et reproducteur, 3) identifier freins et leviers à l’adoption via une enquête. Dans son stage (2026), l’étudiant(e) de M2 contribuera principalement aux deux premiers volets, afin
de comprendre les bénéfices potentiels de l’éthanol en situation de déficit hydrique sur : (i) le fonctionnement hydrique de la vigne, (ii) le développement et le métabolisme des raisins, et (iii) la concentration optimale d’éthanol à appliquer.
Impact : Ce projet propose de tester une solution simple, peu coûteuse et facilement transférable pour améliorer la résilience des vignobles existants au déficit hydrique, sans nécessiter de changements structurels tels que la modification de la densité de plantation, du mode de conduite ou du choix variétal. Comparée à ces solutions lourdes et difficiles à mettre en oeuvre, l’intérêt de cette méthode réside dans sa simplicité, qui la rend souple et adaptable aux conditions de l’année. Si elle se révèle efficace, cette approche pourrait réduire la dépendance à l’irrigation et renforcer la résilience et la durabilité des vignobles dans les régions méditerranéennes particulièrement exposées, mais aussi plus largement dans d’autres contextes climatiques.
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